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La Tapy - Compte-rendu 2017 - Etude du comportement de Drosophila suzukii à l’échelle du verger et son environnement proche - Essai Cerise de bouche CE.0179.17

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Titre de l’action : Lutte contre les mouches en vergers de cerisier et raisin de table

 

Contexte de l’essai

La protection des cultures contre les ravageurs constitue aujourd’hui plus que jamais un enjeu majeur pour les producteurs de fruits. En effet, les systèmes de production arboricole sont concernés par de nombreuses évolutions réglementaires visant à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires ainsi que leur impact sur l’environnement : plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides de juillet 2005, arrêté du 12 septembre 2006 concernant l’utilisation des produits phytosanitaires, plan Ecophyto 2018 dont l’objectif est de réduire l’utilisation des pesticides de 50% si possible d’ici à 2018… La maîtrise des populations de ravageurs, tels que Drosophila suzukii, à l’aide des méthodes de lutte chimique devient difficile, les usages phytosanitaires étant de plus en plus souvent mal pourvus.
La mouche Drosophila suzukii (Matsumura) (Diptera Drosophilidae) est un ravageur hautement polyphage et endémique de l'Asie du Sud-Est, qui a récemment envahi les pays occidentaux. Son ovipositeur denté lui permet de pondre et d'endommager les fruits mûrs. Les niveaux de population ne cessent d’augmenter et les pertes économiques sont graves ce qui menace fortement la pérennité de la filière et implique de lourds préjudices économiques aux exploitations.
L’arrivée de ce ravageur invasif a provoqué une augmentation des traitements insecticides sur les cultures de cerisiers, espèce auparavant peu traitée ; en quelques années, le nombre de passages insecticides sur fruit est passé d’un traitement (pour Rhagoletis cerasi, la mouche de la cerise) à entre trois et cinq traitements, ce qui représente un coût et un surplus de temps pour une efficacité parfois limitée. De plus, la maitrise des populations de Drosophila suzukii sur cerise à l’aide de méthodes chimiques est de plus en plus difficile du fait d’un nombre peu important de spécialités homologuées et de la suppression récente du diméthoate, principal insecticide auparavant utilisé.
Parallèlement à ces difficultés techniques et environnementales, des difficultés réglementaires et commerciales s’ajoutent. Toutes ces contraintes ont fortement orienté les choix des producteurs qui recourent principalement à des intrants chimiques pour limiter les risques de dégâts, avec peu de considération pour des systèmes de cultures innovants plus résilients.
Il y a donc un défi particulier pour (re)penser les vergers actuels afin de limiter la pression des ravageurs dans les cultures et d’améliorer les techniques de protection traditionnellement mises en oeuvre. Il ne s’agit plus de penser à l’échelle de la parcelle mais de penser à l’échelle de l’exploitation voir du paysage afin de comprendre la dynamique de ce ravageur pour pouvoir se tourner, un jour, vers des services écosystémiques qui, bien qu’insuffisants à eux seuls pour éradiquer les ravageurs, permettraient de limiter les populations de bioagresseurs. La compréhension du comportement de Drosophila suzukii permettra également d’établir des méthodes de prophylaxie (suppression des espèces variétales attractives) utile dans la lutte contre ce ravageur.
Il est donc indispensable de réfléchir et d’étudier le comportement de Drosophila suzukii sur la parcelle et son environnement proche.

 

Suite du compte-rendu ici